mardi 20 octobre 2015

Qui pensez-vous être?

Si on prend le temps de bien se regarder, de s’observer, la réponse à cette question est assez simple : nous sommes des bêtes de cirque. Les autorités mènent la danse, corrigent nos faux pas et s’assurent que la musique concorde avec le spectacle. Le spectacle, c’est notre vie.

Le problème, c’est que trop souvent, les gens n’en n’ont rien à faire des directives. Ils ne les suivent plus, car elles ne mènent qu’à notre propre emprisonnement. Les jeunes, par exemple, sont amenés à correspondre à certains préjugés, à certains stéréotypes. Quand un problème survient, c’est donc plus facile de trouver une solution si la personne concernée est stéréotypée. Sa solution l’est, elle aussi.

Dans The Breakfast Club, un film de John Hughes sorti en 1985, c’est un peu ce à quoi nous avons droit. Un groupe de cinq jeunes sont forcés à passer leur samedi en retenue. Là-dedans, il y a le délinquant avec une famille dysfonctionnelle, un sportif avec un père qui ne tolère pas la défaite, une princesse et fille à papa du même coup, un intello qui passe son temps seul ou avec ses parents qu’il adore et une détraquée uniquement vêtue de noire qui ment et qui n’aime personne. À eux seuls, ils représentent tous les stéréotypes des jeunes de nos jours. Pourtant, ils sont tellement plus que ça. Tellement plus.

Le sportif peut être intello, comme la princesse peut avoir une famille déséquilibrée. Il n’y a rien de couler dans le béton. Nulle part, il n’est indiqué que nous sommes forcés de correspondre à certaines idées de la société pour que cette dernière se porte mieux.

Dans le film, le directeur leur demande d’écrire une dissertation expliquant qui ils sont. Quelle question stupide ! Qui connaît la réponse ? En posant cette question, le directeur s’attend à une réponse claire et précise de chacun, pourtant, la personnalité d’un être est tellement plus qu’une chose concise : « […] mais nous trouvons absurde le sujet de dissertation que vous nous avez donné, « Qui pensez- vous être ? ». Qu’est-ce que ça peut vous faire. Vous nous voyez comme vous voulez bien nous voir parce que c’est plus simple et parce que ça vous arrange […] ».

Et c’est exactement ça : les gens préfèrent stéréotypés les autres parce que ça les arrange. Parce que c’est plus simple que de creuser en quelqu’un et de trouver les vraies réponses afin de savoir qui ils sont vraiment. Comment une réponse aussi futile peut être suffisante ? Je ne comprends pas. C’est tellement plus intéressant d’apprendre à connaître une personne en profondeur, de découvrir ses secrets enfouis au fond d’elle. La surface, ça n’a pratiquement rien d’intéressant. La surface, c’est beau, mais c’est vide. Il n’y a rien : aucun contenu, aucune information. C’est dommage qu’une grande partie de la population ne se contente que de ça.

The Breakfast Club fait réfléchir. Il est possible de penser que ce ne sont que des jeunes, qu’ils n’ont seulement que quelques années de vécues et que, de ce fait ils ne réalisent pas ce phénomène. Mais au fond, on voit bien que, justement, ce sont ceux-là qui comprennent.

Parce qu’ils sont en plein dedans. Parce qu’ils le vivent à tous les jours. À la fin, les cinq jeunes du film se demandent s’ils pourront être amis à l’école puisqu’ils ne correspondent aucunement aux critères de leurs amis respectifs.


Mais, c’est ça la beauté des choses : ne correspondre à rien.  

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